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Article: Partir en vacances seul quand on est en couple

Partir en vacances seul quand on est en couple

Partir en vacances seul quand on est en couple

Prendre un billet pour soi, alors qu’on partage sa vie avec quelqu’un, peut sembler contre-intuitif. Dans l’imaginaire collectif, le couple voyage ensemble, construit des souvenirs ensemble, et partage chaque parenthèse importante à deux.

Partir seul, dans ce cadre, peut susciter des réactions fortes : incompréhension, inquiétude, parfois même suspicion.

Et pourtant, de plus en plus de personnes en couple font ce choix. Pas par rejet. Pas par fuite. Mais par besoin.

Alors une question s’impose : partir seul quand on est en couple est-ce un risque pour la relation, ou au contraire un levier de solidité ?


Est-il normal de partir en vacances sans son partenaire ?

La réponse est simple, même si elle dérange certaines normes : oui, c’est normal.

Il n’existe aucune règle universelle qui imposerait aux couples de tout faire ensemble pour être légitimes. Cette idée est culturelle, pas psychologique.

En psychologie du couple, on distingue clairement le lien affectif de l’identité individuelle. Être engagé dans une relation ne signifie pas fusionner.

Selon la psychologue américaine Alexandra Solomon, enseignante à l’Université de Chicago, les relations durables reposent sur un équilibre entre connexion émotionnelle et différenciation personnelle.

Autrement dit, plus chacun se sent libre d’exister en tant qu’individu, plus le lien peut devenir stable et mature.

Source : Greater Good Science Center – Université de Berkeley


Voyager seul quand on est en couple : une contradiction apparente

Pour beaucoup, voyager seul alors qu’on est en couple ressemble à une incohérence.

Si l’on s’aime, pourquoi vouloir partir sans l’autre ? Pourquoi ne pas partager cette expérience ?

Cette vision repose sur une confusion fréquente : assimiler l’amour à la présence constante.

Or, aimer n’implique pas de tout faire ensemble, mais de pouvoir choisir quand être ensemble, et quand se retrouver seul, sans menace pour le lien.

Voyager seul peut répondre à des besoins très différents :

  • un besoin de silence ou de lenteur
  • une envie d’exploration personnelle
  • un projet que l’autre ne partage pas
  • un moment de transition personnelle

Dans une relation sécurisée, ces besoins ne sont pas des attaques, mais des informations.

La psychothérapeute Esther Perel, spécialiste mondialement reconnue des dynamiques de couple, explique que le désir et la vitalité relationnelle naissent souvent de l’espace entre deux individus, et non de la fusion permanente.

Référence : Esther Perel, Mating in Captivity.


Est-il normal de partir en vacances seul, indépendamment du couple ?

Oui, et cette normalité dépasse largement la question amoureuse.

Voyager seul est une expérience humaine ancienne. Bien avant l’invention du couple moderne, les individus partaient seuls pour explorer, apprendre, se confronter à l’inconnu.

Aujourd’hui encore, le voyage en solo permet :

  • de prendre des décisions sans compromis permanent
  • d’écouter ses propres rythmes
  • de sortir de ses rôles sociaux habituels

En psychologie existentielle, ces expériences sont associées à une meilleure clarté sur ses besoins, ses limites et ses désirs.

Partir seul n’est pas une rupture avec les autres. C’est souvent une reconnexion avec soi.


Pourquoi partir seul ne veut pas dire s’éloigner de son couple

C’est ici que naît la majorité des peurs.

Beaucoup associent le départ en solo à un désengagement émotionnel.

Pourtant, partir seul peut être l’inverse : une manière de revenir plus présent, plus disponible, plus conscient de la valeur du lien.

Des recherches en psychologie relationnelle montrent que les expériences séparées enrichissent souvent la communication du couple, à condition qu’elles soient choisies, discutées et encadrées.

Ce que l’on vit seul devient alors une matière nouvelle à partager.

Source : Psychology Today – Healthy Independence in Relationships


Les bienfaits d’un voyage solo pour la relation

Se retrouver soi-même

La vie de couple implique souvent des ajustements constants.

On compose. On s’adapte. On met parfois certaines envies en veille.

Être seul permet de réactiver ces parts de soi sans avoir à les justifier.

Ce recentrage individuel nourrit souvent la relation, car un partenaire aligné avec lui-même est généralement plus disponible émotionnellement.

Rentrer avec des histoires à raconter

Un couple se nourrit aussi de récits.

Une expérience vécue seul devient un récit partagé : un lieu inattendu, une rencontre marquante, une difficulté surmontée.

Ces histoires renouvellent la curiosité mutuelle et évitent l’appauvrissement du dialogue.

Créer du manque sans créer de rupture

L’absence, lorsqu’elle est choisie et limitée, peut renforcer l’attachement.

Le manque n’est pas forcément une souffrance. Il peut être un rappel de l’importance de l’autre.

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Et si l’autre n’est pas d’accord avec l’idée de partir seul ?

C’est une situation fréquente. Et surtout, une situation légitime.

Lorsqu’un partenaire exprime une réticence, ce n’est pas forcément une opposition au voyage en lui-même. C’est souvent l’expression d’une inquiétude plus profonde.

Les peurs les plus courantes sont connues :

  • peur de l’éloignement émotionnel
  • peur de ne plus être nécessaire
  • peur de la comparaison avec d’autres rencontres
  • peur que le lien se fragilise

En psychologie de l’attachement, ces réactions sont associées à un besoin de sécurité affective, et non à un manque de confiance au sens moral.

Selon les travaux du psychiatre John Bowlby, fondateur de la théorie de l’attachement, le sentiment de sécurité dépend moins de la proximité physique que de la clarté émotionnelle et de la prévisibilité du lien.

Avant de partir seul, il est donc essentiel d’ouvrir un espace de dialogue. Pas pour convaincre. Mais pour comprendre.


Comment en parler sans créer de conflit

La manière d’aborder le sujet est souvent plus importante que la décision elle-même.

Certaines approches favorisent l’apaisement :

  • exprimer un besoin personnel plutôt qu’un reproche
  • rassurer explicitement sur l’intention
  • définir un cadre clair et rassurant

Par exemple, dire :

« J’ai besoin de ce temps pour me recentrer, pas pour m’éloigner de nous. »

En communication non violente, on parle d’un message centré sur le besoin, et non sur la faute ou le manque de l’autre.

Il ne s’agit pas d’imposer, mais de co-construire une décision acceptable pour les deux.


Les règles d’or pour partir seul sans fragiliser son couple

Partir seul peut être bénéfique, à condition de respecter certains repères.

Ne pas partir pour fuir un conflit

Si le voyage sert à éviter une discussion nécessaire, le retour risque d’être plus difficile que le départ.

Les thérapeutes de couple insistent : les vacances en solo ne doivent pas remplacer un travail relationnel indispensable.

Définir un cadre clair avant le départ

Durée du voyage. Destination. Modalités de contact.

Ces éléments rassurent et évitent les interprétations anxiogènes.

Maintenir un lien léger mais présent

Un message. Une photo. Un appel bref.

Pas pour rendre des comptes, mais pour maintenir une continuité affective.

Prévoir un temps ensemble au retour

Anticiper les retrouvailles permet de donner un sens commun à la séparation temporaire.

Cela transforme le voyage en parenthèse, et non en rupture.

Où passer le nouvel an seul?


Que faire pendant que l’autre est parti ?

Rester pendant que l’autre voyage peut réveiller des émotions ambivalentes.

Solitude. Liberté. Manque. Soulagement parfois.

Plutôt que de subir cette période, elle peut devenir un espace personnel fertile.

  • reprendre des activités délaissées
  • renouer avec des relations amicales
  • explorer ses propres envies

Selon l’American Psychological Association, le fait de maintenir des sphères personnelles autonomes favorise la stabilité émotionnelle dans le couple.

Le couple ne disparaît pas pendant l’absence. Il change simplement de rythme.


Témoignages : quand le voyage en solo renforce le lien

Paul, 34 ans :

« J’ai fait le tour du Mont-Blanc seul. Ma compagne n’aimait pas la randonnée. Au retour, j’avais l’impression d’avoir ramené quelque chose de précieux à partager. »

Sophie, 39 ans :

« Partir seule après la naissance de notre enfant m’a permis de me retrouver. Mon conjoint a compris que ce n’était pas un rejet, mais une nécessité. »

Ces récits illustrent un point essentiel : ce n’est pas le voyage en lui-même qui fragilise, mais le non-dit autour de celui-ci.


Quand partir seul devient une tradition de couple

Certains couples intègrent cette pratique dans leur fonctionnement.

Une fois par an. Ou selon les besoins.

Chacun s’autorise un temps à soi, sans culpabilité ni suspicion.

Les bénéfices rapportés sont récurrents :

  • moins de frustrations accumulées
  • plus de liberté individuelle
  • une complicité renouvelée

En sociologie du couple, on parle alors de relations à forte autonomie coordonnée.

Source : Cairn – Autonomie et couple contemporain


Ce que partir seul dit du couple

Partir seul n’est ni une obligation, ni une preuve de maturité universelle.

Mais lorsque cela fonctionne, cela révèle souvent :

  • une confiance mutuelle solide
  • une sécurité affective suffisante
  • une reconnaissance de l’individualité

À l’inverse, l’impossibilité totale de séparation, même temporaire, peut parfois signaler une dépendance affective.

Ce n’est pas une accusation. C’est un indicateur possible.


Alors, faut-il partir seul quand on est en couple ?

Il n’y a pas de réponse universelle.

La bonne question n’est pas :

« Est-ce normal ? »

Mais plutôt :

« Est-ce juste pour moi, et respectueux de nous ? »

Lorsque la décision est consciente, discutée, et alignée avec les besoins des deux partenaires, le voyage en solo peut devenir une ressource, et non une menace.


Note autrice

Camille Aubert écrit sur les relations contemporaines, l’autonomie affective et les transformations du couple.

Ses articles s’appuient sur la psychologie du couple, la sociologie des liens affectifs, et des sources issues de la recherche en sciences humaines.


Disclaimer

Cet article propose une réflexion informative et relationnelle. Il ne remplace pas un accompagnement thérapeutique, psychologique ou médical.

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