Quelle est la légende de la fée Mélusine?

Quelle est la légende de la fée Mélusine?

Vous connaissez sûrement la légende de la fée Mélusine, puisque vous venez vers nous. Comme Disney n'a pas fait (encore) de Mélusine un dessin animé, elle reste moins connue que les héroïnes de Grimm et Perrault...
Mélusine est un personnage célèbre des contes et légendes français, issue des récits du Moyen Âge. Elle prend naissance dans nos régions, le Poitou, mais se trouve dans des versions multiples dans toute l'Europe du Nord. Mélusine est une fée qui a traversé les siècles et les pays par son histoire singulière. Son roman a été popularisé par Jean d’Arras dans Le Livre de Mélusine (1392), en prose.
Terriblement féministe, c'est l'un des rares contes ou les femmes imposent des conditions et ne sont pas endormies ou statiques en attente d'un baiser. Au contraire, elles se transforment en créatures dangereuses.

Il était une fois...

Tout commence toujours par une mère.
Elinas, un roi écossais (ou selon les récits roi d'Albanie) rencontre une fée merveilleuse, la fée Pressine.
Pressine propose à Elinas de l'épouser mais met une condition: il ne doit jamais chercher à la voir en couches, ni dans certaines circonstances, comme le bain. Elinas accepte, le couple se marie en grandes pompes, et trois filles magnifiques naissent le même jour de cette union: Mélusine, Mélior et Palestine. Elinas rend excessivement jaloux un fils d'un premier mariage qui pour se venger pousse son père à violer ses promesses, donc l'intimité de la belle Pressine. Elinas entre dans la salle de bains (ou dans la chambre car la salle de bains est un concept moderne) tandis que la jeune Pressine baigne ses petites. Sa colère est terrible, puisqu'il a trahi sa confiance, Pressine se retire avec ses trois filles sur l'ile d'Avalon et les dissimulent de la vue de leur père jusqu'à leurs quinze ans.
Les trois soeurs étaient aussi fées et vengeresses...elles décidèrent à leur tour de punir leur sacro saint père pour cet outrage en le faisant enfermer dans la haute montagne de Brumbloremlion...Etait-ce une punition ou plutôt une volonté de devenir reines à sa place? Les enfants "tuent" le père souvent pour grandir à leur tour et le remplacer.... La reine Pressine n'avait sans doute pas les mêmes plans et décide de reprendre le contrôle. Après tout, c'était elle la reine fée. Chacune recevra un mauvais sort.
On va retrouver la tradition des récits qui ont traversé ces derniers siècles...un mariage seul pourra les délivrer des mauvais sorts ou au contraire, les entraîner dans des funestes péripéties.
Mélior doit rester enfermée au "chastel de l'Esprevier en la Grant Arménie", où elle devra prendre soin d'un épervier, même si elle peut accéder aux demandes des preux chevaliers qui parviendront au château d'Arménie, aucun ne pourra obtenir son amour en retour. Palestine est elle aussi, enfermée avec un lutin et le trésor de son père dans le mont Canigou, jusqu’à ce qu’un chevalier épris vienne la délivrer. Mélusine part moins loin, puisqu'elle reste en Poitou, peut avoir une existence heureuse si un homme mortel l’épouse sans chercher à découvrir son secret. Elle pourrait vivre humainement en France, mener une existence heureuse et mourir chrétiennement. Mais si cet homme venait à entrer dans sa salle de bains, le samedi, alors elle deviendrait dragon, serpent sous le coup de la malédiction maternelle. Elle pourrait néanmoins enfanter une lignée noble, mais si elle venait à quitter son mari, alors elle subirait de mauvais présages…


Quelle est la légende de la fée Mélusine?

Mélusine se transformera tous les samedis en dragon du nombril jusqu’aux pieds et ne pourra échapper à cette malédiction qu’en épousant un homme acceptant de ne point la voir dans cette condition.
Mélusine, si elle est découverte (car elle peut rester cachée) est donc un animal hybride comme une sirène ou un centaure, car elle est mi-femme mi-démon. Elle est fée des eaux ce qui la rapproche de la nymphe des eaux, la vouivre, des ondines ou du dragon ailé. Le tout doublé d’une succube, qui est un démon féminin, qui séduit les hommes et abuse d’eux pendant leur sommeil, puis s’enfuit…



Aux origines de la fée Mélusine

Depuis l’antiquité, on parle de femme serpent, le haut du corps est une belle femme, et le bas du corps une queue de reptile. Mais c’est au Moyen-Age, que le roman prend son envol.

La mère de Mélusine, comme on l’a vu est déjà une fée des eaux nommée Pressine. Elle épouse le roi Élinas d’Albanie (le nom gaélique de l’Écosse) lors d’un magnifique mariage d’amour, qui comme dans tous les contes de fée, comporte une condition : il ne doit jamais essayer de la voir « pendant ses couches », ce qui peut avoir plusieurs significations, s’agit-il de ses règles, de son intimité, ou du moment où elle accouche ?

Élinas oubliera sa promesse, sous l’influence néfaste de son fils jaloux et issu d’un premier lit… il surgit alors que Pressine baignait leurs trois petites filles : Mélusine, Mélior et Palestine. Selon le roman, Pressine quitte le château et s’enfuit avec ses triplées sur l’île d’Avalon, l’Autre Monde de la tradition celtique.

Tandis que les filles grandissent, pour venger leur maman, elles réussissent à enfermer leur père le Seigneur Elinas (et leur frère Florimont ?) à jamais dans une montagne.

Pressine en fut courroucée et condamne chacune des fées à subir les prédictions punitives.


Mélusine vit à son tour d’amour et d’eau fraîche

L’histoire se répète souvent dans les mythes, et la vie compliquée de la jeune fée Mélusine va répliquer celle douloureuse de sa mère Pressine: être démasquée par son mari, être punie puis s’enfuir. Nous étions dans l’île d’Avalon à la genèse de l’histoire de Mélusine, lieu mythique omniprésent dans la tradition celte, comment est-ce possible de relier la légende au Poitou ?

Mélusine , mère des Lusignes (Lusignan)
Cherchant à oublier sa peine, et c'est la première page douloureuse de l'histoire de Mélusine, la fée traverse la mer et les territoires de France, et vit dans le marais poitevin, comme sa mère, elle est une fée des eaux.

Vous avez peut-être déjà entendu parler de Raymondin, neveu du comte de Poitiers ? Un jour de chasse au sanglier, il blessa malencontreusement son oncle. Désespéré, il erre dans la forêt et rencontre à la forêt de la Soif, une fontaine magique, trois femmes de pouvoir (dont Mélusine) à minuit. Mélusine rencontre Raymondin, le neveu du comte de Poitiers et en tombe amoureuse. Elle le réconforte et lui propose d’exercer ses pouvoirs magiques pour parvenir à l’innocenter lors du procès pour le meurtre du Comte . En échange, Raymondin devra l’épouser et promettre de ne jamais chercher à la voir le samedi.
Le mariage fut splendide, Mélusine offrit à Raymondin deux verges d’or qui « ont moult vertus » et Raymondin, grâce à la défense de Mélusine devint l’un des comtes de Lusignan, au sein d’une des familles les plus nobles de France.

Le couple marié est donc heureux, et ils eurent beaucoup d’enfants. Ils vécurent dans la belle ville de Lusignan. Tandis que dans le monde de Pressine, on n’avait que des femmes, chez les Lusignan, au contraire, naquirent dix beaux garçons dont l'aîné Geoffroy appartient aussi au mythe du Poitou. Chacun des huit premiers fils néanmoins possède une petite malformation (par exemple Geoffroy la Grand'dent est un géant, l'autre a un œil différent, ou une oreille immense, une griffe ou patte de lion, un seul œil, une défense de sanglier, une tâche sur le nez, trois yeux) dans cette famille de sang mi ducal mi fée. Chaque samedi, lorsque Mélusine s’isole pour faire sa toilette et cacher sa queue de serpent, Raymondin s’isole. Mélusine tient sa promesse d’épauler son Seigneur et l’aide à étendre son influence, bâtir des châteaux, gagner des territoires, accroitre son influence.

La légende raconte que Mélusine est à l’origine de la ville de Lusignan, dont elle fait de Raymondin le premier roi d’une grande lignée. Elle bâtit le plus grand château-fort de France à Lusignan, que l’on peut encore visiter aujourd’hui, mais aussi nombreux bâtiments construits en Poitou et en Lorraine, à Parthenay, à Tiffauges, les châteaux de Vouvant et Mervent, à Vouvant, des églises et les abbayes de La Rochelle. La fée serpente bâtit la nuit pierres après pierres et s'occupe de la bonne société le jour, et l’empire et l’influence des Lusignan grandissent. La bonne société la vénère, même si quelques envieux voient d'un mauvais oeil l'influence grandissante de la fée serpente qui brise le code seigneurial.
Le roman ne dit pas si la nuit les bourgeois vérifient comment les pierres fabriquent-elles les monuments sans aide ouvrière et comment le frère jaloux de Raymondin fomente-t-il son projet...
Mélusine gardera l’image d’une fée bâtisseuse au travers des siècles
Cette légende circule jusqu’à nos jours grâce aux écrits de Jean d’Arras et de Coudrette au 14ème siècle. Ils réussissent à mêler roman et histoire puisque Mélusine est la fondatrice de la lignée des Lusignan et l’élément mythologique le plus puissant. En bâtissant villes, abbayes, églises, murailles et monuments de pouvoir, Mélusine devient l’une des premières femmes de pouvoir, de conquête, car à la fin du 14ème siècle, nous sommes en pleine guerre de Cent Ans, et le Poitou est un territoire stratégique et le carrefour de la luttle contre la barbarie.

Malheureusement, le frère de Raymondin, le Comte de Forez, jaloux de cette puissance nouvelle médit et insinue que Mélusine se cache le samedi pour commettre des adultères. Le courroux de Comte et si grand qu’il fait un trou dans la porte de la salle de bains de Mélusine, y pénètre et entraine leur couple dans d’affreux tourments.
Raymondin découvre nature de Mélusine qui, se jette par la fenêtre comme si elle avait des ailes et se change immédiatement en dragon ailé. Un immense chagrin s’empare de Raymondin qui place une craie pour boucher le trou qui lui permit de voir Mélusine nue dans sa salle de bains et demande pardon.
Mais Raymondin ayant trahi sa promesse, Mélusine est condamnée à reprendre son apparence de dragon et ne pouvoir réapparaitre qu’à chaque fois que l’un de ses enfants sera sur le point de mourir. Bonne mère, elle revient voler autour du château en pleurant, c'est les larmes du vent qui souffle dans les cheminées que l'on entend encore de nos jours. D’après la légende, Mélusine (la Mère Lusigne) poussait un cri dans la nuit et venait au chevet de ses chers enfants.
Rien ne dit que Raymondin et ses fils ne retrouvent le bonheur ou l’harmonie.
Le mystère demeure entier sur la fin de la légende de Mélusine, fée de l’eau.

Ce sont les chrétiens qui vont abolir sa queue de serpent et préférer l’imaginer en dragon volant.

C’est un mythe éternel…
Un être surnaturel prend les apparences d’une femme merveilleuse, se glisse dans le monde des mortels, s’éprend d’un seigneur et l’épouse en lui faisant jurer une promesse que lui, pauvre mortel ne pourra tenir….L’être surnaturel, la fée ici, retourne dans l’autre univers fée, en laissant une descendance atrophiée.

Mélusine sous toutes ses coutures
Mélusine, à la fois fée et femme, humaine et serpent, entre la terre, les cieux et les eaux nous rappelle la sirène, femme hybride qui ne parvient pas à choisir son territoire car elle est trahie par les mortels. Elle possède la beauté, l'évanescence , la séduction, le mystère de la sirène : une femme qui prend soin de son apparence, et coiffe sa sublime chevelure.
Chez Mélusine Cosmétics, nous adorons donc cette image de femme secrète qui se pare de ses plus beaux atours et part à la recherche des ingrédients et accessoires fée au plus près de la nature.
Parfois avec deux queues, de serpente ou de dragon, la reine dans toutes les mythologies européennes qui déclinent l'histoire de Mélusine, n'a pas su imposer à son mari le code infranchissable qu'il fallait respecter. Le non respect de la loi entraîne des conséquences funestes.
Aux origines de cette histoire, il y a toujours une notion sacrée, l'eau, la fontaine, qui est au démarrage de toute vie, de tout amour. Ondine, la Vouivre, la Sirène, Mélusine se mirent dans son reflet.



Nous adorons Mélusine car c’est l’un des rares contes féministes, d’une femme bâtisseuse, éprise, puissante mais étrangement maléfique, du fait de la faiblesse des mortels.

Pour aller plus loin, choisissez un livre ou une BD sur la légende de la fée Mélusine …
Mélusine maternelle et défricheuse par Jacques Le Goff et Emmanuel Le Roy Ladurie
Mélusine moderne et contemporaine, par Arlette Bouloumie
Mélusine et le chevalier au cygne, par Claude Lecouteux
Les Fées au Moyen-Age, Morgane et Mélusine ou la naissance des fées, par Laurence Harf-Lancner
Le livre sur les Cinq études sur Mélusine par Bernard Sergent
La Déesse Mélusine, mythologie d’une fée, par Guy-Édouard Pillard
Mélusine , fée serpente: Geoffroy la Grand'Dent BD
La légende et l’étymologie de Mélusine sur MythoFrançaise
La Fée Mélusine au Moyen-Age, images, mythes et symboles par Françoise Clier-Colombani
Mélusine, secrets d’une fée à l’historial de la Vendée : le livre sur Mélusine est splendide et notre marque Mélusine Paris faisait partie de l'expo https://www.sitesculturels.vendee.fr/Historial-de-Vendee/Blocs/Melusine-Secrets-d-une-fee

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