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Article: Doit-on rester fidèle pendant un divorce?

Doit-on rester fidèle pendant un divorce?

Doit-on rester fidèle pendant un divorce?

Vous êtes séparés. Vous ne vivez peut-être même plus sous le même toit. La procédure de divorce est engagée et, pour vous, l'histoire est terminée. Peut-on pour autant commencer une nouvelle relation avant que le divorce soit prononcé ?

Juridiquement, prudence : tant que le divorce n'est pas définitif, vous êtes toujours mariés et le devoir de fidélité prévu par l'article 212 du Code civil subsiste en principe.

Cela ne signifie pas qu'une nouvelle relation aura automatiquement des conséquences sur votre divorce. Tout dépend du contexte, du type de divorce et des circonstances dans lesquelles cette relation débute.

Peut-on avoir une relation pendant une procédure de divorce ?

Dans les faits, oui, de nombreuses personnes refont leur vie avant que leur divorce soit définitivement prononcé.

Mais juridiquement, il faut distinguer séparation et divorce.

Quitter le domicile conjugal ou engager une procédure ne met pas immédiatement fin au mariage. L'article 212 du Code civil prévoit que les époux se doivent mutuellement « respect, fidélité, secours, assistance ».

Le devoir de fidélité ne disparaît donc pas automatiquement le jour où l'on décide de se séparer.

L'adultère est-il encore une faute en France ?

Oui, l'adultère peut encore être invoqué dans le cadre d'un divorce pour faute.

Le divorce pour faute existe toujours en droit français. L'article 242 du Code civil permet de le demander lorsque des faits imputables au conjoint constituent une violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage et rendent intolérable le maintien de la vie commune.

Mais il faut apporter une nuance essentielle : une infidélité ne conduit pas automatiquement à un divorce prononcé aux torts exclusifs de l'époux concerné.

Le juge examine les circonstances particulières de l'affaire.

Une nouvelle relation pendant le divorce peut-elle être utilisée contre vous ?

Potentiellement, oui, notamment si le divorce devient conflictuel et que l'autre conjoint invoque cette relation au soutien d'une demande de divorce pour faute.

Cela ne signifie pas que toute relation commencée pendant une séparation aura les mêmes conséquences.

Le contexte compte énormément : depuis combien de temps les époux sont-ils séparés ? La rupture était-elle déjà consommée ? Dans quelles circonstances la nouvelle relation a-t-elle commencé ? Quels faits sont effectivement établis ?

Si une procédure est en cours et que la question risque de devenir conflictuelle, mieux vaut en parler à son avocat avant de tirer des conclusions générales.

L'adultère change-t-il le partage des biens ?

Pas automatiquement.

C'est l'une des corrections les plus importantes à apporter aux idées reçues sur le divorce.

Le partage du patrimoine dépend notamment du régime matrimonial, de la nature des biens et des règles de liquidation applicables. Il ne suffit pas de démontrer qu'un conjoint a été infidèle pour lui retirer mécaniquement une partie de ses biens.

L'adultère fait-il perdre la garde des enfants ?

Non, pas automatiquement.

Les décisions concernant les enfants sont prises selon leur intérêt et les critères prévus par le Code civil.

Le juge examine notamment la capacité de chacun des parents à assumer ses devoirs et à respecter les droits de l'autre, les habitudes antérieures, les sentiments éventuellement exprimés par l'enfant et l'existence de pressions ou de violences.

Une nouvelle relation amoureuse n'est donc pas, à elle seule, un critère permettant de « retirer la garde » à un parent.

En revanche, comme toujours en matière familiale, une situation particulière susceptible d'affecter concrètement l'enfant peut être prise en considération.

L'adultère supprime-t-il la prestation compensatoire ?

Là encore, pas automatiquement.

La prestation compensatoire sert principalement à compenser la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie respectives des époux. Son appréciation repose notamment sur la durée du mariage, l'âge, la situation professionnelle, le patrimoine et les droits à la retraite.

Il existe toutefois une nuance : l'article 270 du Code civil permet au juge, dans certaines circonstances particulières, de refuser une prestation compensatoire lorsque le divorce est prononcé aux torts exclusifs de l'époux qui la demande.

Il est donc excessif d'écrire : « adultère = pas de prestation compensatoire ».

Et dans un divorce par consentement mutuel ?

La situation est différente puisque les deux époux sont d'accord pour divorcer et sur les conséquences de leur séparation.

Cela ne fait toutefois pas disparaître rétroactivement le mariage : jusqu'à ce que le divorce produise ses effets, les époux restent juridiquement mariés.

En pratique, lorsqu'une nouvelle relation existe déjà et que les deux conjoints l'acceptent, la question de l'adultère peut évidemment être beaucoup moins conflictuelle.

Est-il possible de refaire sa vie pendant la procédure de divorce ?

Dans les faits, oui. Juridiquement, cela mérite davantage de prudence qu'on ne le pense.

Si votre divorce est parfaitement apaisé, la situation n'est pas la même que si votre conjoint envisage un divorce pour faute ou cherche à établir une infidélité.

Avant d'officialiser une nouvelle relation pendant une procédure conflictuelle, demandez conseil à votre avocat, qui connaît les circonstances exactes de votre dossier.

Et sur le plan personnel ?

Le droit ne répond pas à tout.

Une procédure de divorce peut durer alors que la séparation affective est consommée depuis longtemps. À l'inverse, une nouvelle relation peut parfois arriver alors que l'on n'a pas encore réellement tourné la page.

Quelques questions peuvent être plus utiles que de chercher une règle universelle :

  • Cette relation correspond-elle à une véritable envie ou à la peur d'être seul ?

  • La séparation précédente est-elle suffisamment claire ?

  • La nouvelle personne connaît-elle réellement votre situation ?

  • Cette relation risque-t-elle d'alimenter un conflit déjà difficile ?

  • Si vous avez des enfants, est-ce le bon moment pour leur présenter quelqu'un ?

Comment reconnaître une relation « pansement » ?

Une relation commencée pendant une séparation n'est évidemment pas condamnée à l'échec.

Mais certains signes peuvent inviter à ralentir : avoir besoin d'être constamment avec l'autre pour ne pas penser au divorce, comparer sans cesse le nouveau partenaire à son ex, tout précipiter ou attendre de cette relation qu'elle fasse disparaître la souffrance de la séparation.

Ce n'est pas une question de morale. Simplement, commencer une nouvelle histoire et terminer l'ancienne sont deux mouvements différents.

Quand présenter un nouveau partenaire aux enfants ?

Il n'existe pas de délai magique valable pour toutes les familles.

Ce qui compte surtout est d'éviter de placer l'enfant au cœur du conflit entre ses parents ou de lui demander implicitement de choisir un camp.

Le Code civil rappelle d'ailleurs que la séparation des parents est sans incidence sur l'exercice de l'autorité parentale et que chacun doit respecter les liens de l'enfant avec l'autre parent.

Une nouvelle relation stable pourra être présentée progressivement, en tenant compte de l'âge de l'enfant, de son vécu de la séparation et du niveau de conflit entre les parents.

Comment se protéger pendant un divorce ?

Quelques précautions simples peuvent éviter de transformer une séparation difficile en conflit permanent :

  • prenez conseil auprès de votre propre avocat ;

  • évitez les messages agressifs ou impulsifs ;

  • conservez les documents importants ;

  • ne mêlez pas les enfants aux conflits conjugaux ;

  • soyez prudent avec ce que vous publiez sur les réseaux sociaux ;

  • distinguez autant que possible la rupture conjugale de la coparentalité.

Et si vous commencez une nouvelle relation alors que votre divorce est conflictuel, parlez-en à votre avocat plutôt que de vous fier aux conseils généraux trouvés sur Internet.

FAQ

Peut-on être en couple avant que le divorce soit prononcé ?

Dans les faits, oui. Mais tant que le divorce n'est pas définitif, les époux sont toujours mariés et le devoir de fidélité prévu par le Code civil subsiste en principe. Une nouvelle relation peut donc avoir une importance particulière dans un divorce pour faute.

L'adultère est-il toujours une faute en 2026 ?

Il peut toujours être invoqué dans une procédure de divorce pour faute. Il n'entraîne cependant pas automatiquement un divorce aux torts exclusifs : le juge apprécie les faits et leur contexte.

Peut-on vivre avec son nouveau compagnon avant le divorce ?

Une cohabitation avec un nouveau partenaire avant le divorce doit être appréciée avec prudence, particulièrement lorsqu'un divorce pour faute est envisagé ou qu'une procédure est conflictuelle. Demandez conseil à votre avocat sur votre situation précise.

L'adultère fait-il perdre ses biens ?

Non, pas automatiquement. La liquidation et le partage du patrimoine répondent notamment aux règles du régime matrimonial. Une infidélité ne signifie pas à elle seule que l'époux concerné perd ses droits sur les biens.

Peut-on perdre ses enfants à cause d'une nouvelle relation ?

Une nouvelle relation ne fait pas automatiquement perdre l'exercice de l'autorité parentale ou la résidence des enfants. Le juge statue en fonction de l'intérêt de l'enfant et des critères prévus par le Code civil.

Faut-il attendre le divorce pour présenter son nouveau partenaire aux enfants ?

Il n'existe pas de délai légal universel. Il est généralement plus utile de tenir compte de la stabilité de la nouvelle relation, de l'âge de l'enfant, de son adaptation à la séparation et du niveau de conflit parental.

Une relation pendant le divorce empêche-t-elle un divorce amiable ?

Pas nécessairement. Si les deux époux restent d'accord sur le principe du divorce et ses conséquences, l'existence d'une nouvelle relation ne rend pas, à elle seule, impossible un divorce par consentement mutuel.

À retenir

Être séparé ne signifie pas encore être divorcé.

En France, le devoir de fidélité fait toujours partie des obligations du mariage. Une nouvelle relation commencée pendant la procédure n'entraîne pas automatiquement une sanction, la perte des enfants, des biens ou d'une prestation compensatoire. Mais elle peut devenir un élément du dossier, particulièrement lorsqu'un divorce pour faute est envisagé.

Si votre procédure est conflictuelle, la bonne question n'est donc pas seulement « ai-je le droit de refaire ma vie ? », mais aussi : quelles conséquences cette nouvelle relation peut-elle avoir dans mon dossier précis ?

Article d'information générale mis à jour en septembre 2026. Il ne remplace pas les conseils personnalisés d'un avocat en droit de la famille.

Sources

  • Code civil, article 212 — devoirs respectifs des époux, dont le devoir de fidélité.

  • Code civil, article 242 — divorce pour faute.

  • Code civil, articles 270 et 271 — prestation compensatoire.

  • Code civil, articles 373-2 et 373-2-11 — exercice de l'autorité parentale et critères pris en compte par le juge.

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